Activité pédagogique autour du court-métrage Dona Coroquinha
Nommer, localiser et caractériser des espaces : l’espace public urbain.
Appréhender la notion d’échelle géographique.
Réaliser des productions graphiques, utiliser des cartes analogiques à différentes échelles.

Dona Coroquinha © Diogo Nii Cavalcanti
TitreDona Coroquinha
ThèmeDétermination
Genre et mots-clésComique, courage, passage piéton, voiture, bus, circulation, animaux, chien
Cycle (pour le film)1, 2, 3
Durée03 min 28 s
RéalisationDiogo Nii Cavalcanti
MusiqueDavid Convery
ProductionVancouver Film School (Canada, 2010)
Analyser le croisement des rythmes de vie dans une rue. Marcher dans la rue, traverser un passage piéton en ville : autant d’activités banales qui, si elles peuvent encore retenir notre attention par prudence, nous semblent aussi naturelles et réglées que prendre un repas ou faire sa toilette. Mais, comme le montre le film, la rue est un croisement complexe de flux humains, animaux ou mécaniques, dont la coordination peut être problématique.
Une vieille dame peut-elle sereinement traverser un passage piéton ? Une personne en fauteuil roulant peutelle facilement progresser au milieu des passants, des trottinettes ou des voitures en stationnement ? Comment se débrouille un chien (en laisse ou non) ? Cette activité se propose de cartographier un espace de rue pour y représenter les flux et déceler les éventuels problèmes de leur cohabitation. C’est une manière de sensibiliser les enfants aux questions des rythmes de vie et à l’organisation des villes, au croisement de la sociologie et de l’ethnographie urbaine.
Il s’agit tout d’abord de choisir et délimiter un territoire de rue qui constituera la zone de l’étude. Idéalement, il faudrait qu’il soit assez passant, commerçant, assez étendu (plusieurs commerces), transversal (incluant toute la largeur de la rue : chaussée et trottoirs) et comporte au moins un point de croisement véhicules/piétons (passage piéton, entrée de garage ou de parking). On peut éventuellement se contenter d’un espace de trottoir, en incluant tout de même des espaces de stationnement.
L’étude proprement dite consiste à se rendre sur le terrain et observer en groupe tout ce qui se déplace sur un secteur limité. Plusieurs séances sont donc nécessaires pour couvrir toute la zone. Les observations se font sur une feuille préparée représentant le secteur observé sous forme de plan avec les obstacles et délimitations : mobilier urbain, limites de trottoir, etc. Une première séance peut d’ailleurs consister à observer le secteur et établir en commun ce plan, en discutant les éléments pertinents.
Pour représenter les flux, on notera toutes les trajectoires individuelles observées, chacune résumée à deux caractéristiques pouvant être simplement évaluées visuellement : la trajectoire et la vitesse. Les vitesses sont représentées par un code de couleur utilisé pour le tracé de la trajectoire sur le plan. On prendra soin de bien noter aussi, avec un code spécial, les « accidents » de trajet, les moments où les trajectoires se télescopent ou se coordonnent (par ex. pause = ◎, blocage = |, choc = X). La superposition de toutes les trajectoires de couleur sur la feuille donnera une idée des flux et de leurs interactions.
La légende des vitesses (la correspondance entre une couleur et une vitesse) est un élément important. Elle s’établira nécessairement au fur et à mesure, à cause de l’appréciation visuelle subjective et de l’absence de base de référence au départ. Progressivement, en observant qui se déplace et comment, les enfants acquerront des habitudes résultant de la finesse de leur observation et qui sont l’un des enjeux de l’activité. Cette correspondance sera élaborée sur une feuille à part, en notant la couleur et l’entité qui se déplace : une mère avec une poussette à telle couleur, un écolier à telle couleur, un bus ou un camion poubelle à telle couleur, etc.
On comprend bien qu’il n’est pas important d’être exhaustif. Pour chaque secteur et séance d’observations, il suffit d’avoir un panel de vitesses assez grand pour établir la légende, qui pourra être complétée par les autres séances. À la fin des toutes les observations, l’ensemble des feuilles de secteur
juxtaposées, assorties de la légende détaillée, donnera la carte des flux de la zone étudiée. Elle pourra être exposée. Cette activité se prête bien à un projet long partagé entre plusieurs classes, pour mutualiser les observations sur les différents secteurs de la zone.
(Des textes généraux qui s’attachent aux enjeux des flux urbains.)
Un ouvrage général sur les transformations de la ville contemporaine, abordant notamment la question des flux de circulation : Olivier Mongin, La ville des flux (Fayard, 2013). Voir en particulier la première partie « Sous la pression des flux et de la vitesse ».
Un article faisant le point sur les recherches récentes en anthropologie, sociologie et urbanisme consacrées à la marche en ville : Rachel Thomas, « La marche en ville. Une histoire de sens », dans la revue L’Espace géographique (2007/1, Tome 36), visible en ligne sur CAIRN.
Fiche d'activités rédigée par : Bruno Pellier
