Films pour enfants

Yulia

Film d'animation sur la domination masculine et les violences conjugales

Le récit d'une emprise, porté par le dessin seul.

Synopsis

Le film suit Yulia dans une relation où la domination s'installe progressivement, jusqu'à la violence.

Yulia
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Yulia © Metronomic

Commentaire du film

Sujet difficile, à réserver aux lycéens et à accompagner d'un cadre de parole préparé. Le film peut servir d'entrée à une séance sur les violences conjugales et les dispositifs d'aide existants. À visionner impérativement en amont : certains élèves peuvent être personnellement concernés. Le court métrage « Yulia » a été sélectionné au festival Takorama 2021 organisé par l'association Films pour enfants.

Questionner le film

1-Quel est le genre cinématographique du film ?
Humour absurde.
Dans son sens familier, l’absurde (du latin absurdus, « discordant ») est dès l’origine ce qui est contraire à la logique, à la raison, à ce qu’attend le sens commun.
2-Que se passe-t-il à 1 min 45 s quand Yulia actionne la deuxième manette ?
Cette manipulation a pour effet de téléporter un fauteuil. Un fauteuil apparaît alors dans l’espace de Yulia et, au même moment, il disparaît d’un autre espace.
3-Comment décririez-vous les deux personnages de l’espace du fauteuil disparu ?
C’est un couple, le stéréotype d’un couple traditionnel : la femme fait la vaisselle pendant que son mari regarde la télévision. L’homme en colère crie et semble violent. Il reproche sans aucune raison à son épouse la disparition du fauteuil.
La femme semble fatiguée et habituée aux colères de son mari. Elle a aussi peur de lui et pleure face à sa colère.
4-Comment Yulia réagit-elle face à la colère de l’homme qui est lui aussi téléporté ?
Yulia ne se laisse pas faire et crie encore plus fort que l’homme.
5-Comment l’épouse réagit-elle face à la disparition de son mari ?
Elle redevient gaie et arrange la maison à sa façon. Elle casse la télévision qui était a priori un objet important pour son mari et la remplace par des fleurs.
6-Comment les deux femmes réagissent-elles lors de leur rencontre ?
Elles tombent amoureuses. On le comprend avec la couleur rouge de leurs joues, seule couleur (avec le cœur rouge de la première manette) du film en noir et blanc.
L’épouse retrouve sa liberté, change sa coiffure, qui est aussi un symbole de la domination masculine.
7-Que pensez-vous des rapports homme/femme ?
Réponse ouverte / débat.
On pourra aborder la notion de stéréotypes mais aussi de conformisme, ce qu’elle signifie et comment elle est exprimée dans le film. Cela ouvre à de nombreuses questions. Quelle est l’influence sociale sur nos comportements ? Pourquoi respecter des normes sociales ? Ne pas se faire remarquer ? Ne pas être mis à l’écart ? S’intégrer plus facilement à un groupe ? Est-ce qu’être différent et s’affranchir des carcans de notre société nuit aux autres ?

Prolongements et références

1- Longs métrages

- Edward aux mains d’argent, Tim Burton (1990).
Un conte satirique qui parle de marginalité et de conformisme.

2- Comment l’absurde, en tant que procédé, concourt à l’effet humoristique

Le travail consiste à présenter les œuvres choisies et à les comparer, à relever ce qui les rassemble et, ainsi, faire émerger les mécanismes de l’absurde. L’approche comparative, quand elle s’applique à des productions de domaines différents, mérite un peu d’assistance mais ouvre des perspectives intéressantes pour le champ de l’histoire de l’art.
La sélection vise à relier des productions qui couvrent un très large champ, des œuvres classiques aux plus récentes, de la culture populaire à la culture dite « savante ». Elles ont été regroupées de manière à dégager plusieurs « pistes d’étude », que l’on peut aborder ponctuellement ou articuler en un parcours au long terme. Chacune des pistes est accompagnée d’un « atelier », temps de manipulation créative où les enfants pourront exploiter les notions discutées.
L’étude des œuvres devrait, comme toujours, être contextualisée (auteur, époque, mouvement, technique…). De plus, lorsqu’il s’agit de chercher les effets de l’absurde, il est important de s’interroger avec les enfants sur les questions de genre et de convention. Par exemple, il est absurde, dans la réalité, d’observer un animal qui parle, mais dans le cadre du genre « conte pour enfants », c’est une convention admise qui ne provoque généralement plus d’effet absurde.
- 1- Le paradoxe
Rencontre de deux idées contradictoires ou sans rapport, dans une formulation condensée où c’est avant tout l’humour de la surprise qui est visé.
Littérature : extraits d’Alphonse Allais, « Pensées, textes et anecdotes » (Le cherche midi, 2000) ou d’Eric Satie, « Les raisonnements d’un têtu, suivi de Mémoires d’un amnésique » (Voix d’encre, 2013).
Sculpture : Salvador Dalí, « Le Téléphone aphrodisiaque » (1938).
Arts graphiques : Jacques Carelman, « Catalogue d’objets introuvables » (1969).
Atelier : variante dessinée de l’exercice surréaliste du « cadavre exquis » (à deux, chacun travaille sur une moitié de la feuille, le premier fait dépasser certains traits de son dessin au-delà de la marque de séparation et replie la feuille pour cacher son dessin, le deuxième doit reprendre à partir des traits qui dépassent).
- 2- Le merveilleux
Les éléments absurdes se succèdent pour construire un monde sans référents, qui cherche à conserver l’émerveillement premier devant les choses.
Littérature (récit poétique) : Henri Michaux, « Ailleurs, Voyage en grande Garabagne » (1948).
Peinture : Salvador Dalí, « Persistance de la mémoire » (1931), René Magritte, « Le pays des miracles » (1964).
Cinéma : Victor Fleming, « Le magicien d’Oz » (1939) ou Jean Cocteau, « La belle et la bête » (1946).
Atelier : décrire en plusieurs dessins un périple imaginé à partir du scénario suivant : « Au petit déjeuner, votre bol de céréales vous aspire et vous voilà projeté dans un monde incroyable. Décrivez ce que vous y découvrez et votre retour. »
- 3- L’inversion, le monde à l’envers
Ici l’absurde est développé et fait très fortement référence au cadre social, dans une visée satirique.
Arts graphiques : anonyme, « Le monde renversé » (gravure du XVIIIe s.), collection du Mucem, visible sur le site L’histoire en images.
Littérature (roman) : Lewis Carroll, « Alice au pays des merveilles », chapitre VII, « Un thé chez les fous » (1865).
Arts graphiques : sélection de dessins de Gary Larson, tomes I à V (Dupuis, 1997-2002).
Atelier : écrire un court récit décrivant une journée à l’école « à l’envers ».
- 4- Le nonsense
Quand l’absurde travaille à miner la logique, sans arrière-pensée complexe.
Cinéma : A. Astier, A. Kappauf, J.-Y. Robin, « Kaamelott », épisodes à choisir dans la saison 1 ou 2 (2005).
Arts visuels : Roman Signer, performances vidéo « Action kurhaus » (1992), « Kayak » (2000), « Punkt » (2006), « Old Shatterband » (2007), « Zwei schirme » (2009), visibles en ligne dans un reportage de l’émission d’Arte Tracks (janvier 2015).
Littérature (poésie, performance) : Christophe Tarkos, « Je gonfle » et « Tambour et tombola » (1998), dans « L’enregistré » (P.O.L. 2014), aussi disponible en ligne.
Atelier : proverbes cut-up. À partir d’un ensemble de proverbes (ou de poèmes ou de fables très courtes) qu’on aura imprimé sur des grandes feuilles de papier. On les découpe en fragments correspondant à des entités grammaticales, puis on mélange ces fragments et on les recompose librement pour obtenir des trouvailles absurdes.
- 5- Le burlesque
La mécanique absurde vise ici la discordance (trivial/élevé, simple/complexe) et l’exagération, la déformation.
Littérature (roman) : Rabelais, « Gargantua » (1534).
Cinéma : Laurel & Hardy, « La bataille du siècle » (1927), Buster Keaton, « Frigo déménageur » (1922), « La maison démontable » (1920).
Arts visuels : Saverio Lucariello, série des « Vanitas » (à partir de 1995).
Atelier : utiliser un logiciel de retouche d’image pour maquiller/déformer un tableau célèbre.
Activités pédagogiques proposées par Bruno Pellier.

TitreYulia

ThèmeViolences conjugales

Genre et mots-clésExclusion, Narratif, Éducation morale, Domination, Couple, Emprise, Violence, Femmes

Âge conseillé15 ans

Durée5 min 52 s

RéalisationAntoine Arditti

ProductionMetronomic

Année de production2009

Pays de productionFrance

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