Le film raconte une histoire simple vécue par tous les enfants : comment s’inventer un monde imaginaire pour s’évader du quotidien encadré par les règles imposées par les parents (et toute la société derrière eux). Le cadre médiéval ajoute une touche historique qui s’attache à égratigner, dans la première partie du film, l’image idyllique de la princesse. Le film exploite l’opposition (un peu facile) entre nature et culture. Le monde rêvé par la petite princesse est en effet celui de la forêt menaçante, peuplée de créatures effrayantes au premier abord, dont le règne végétal emporte tout, des murs du château aux objets de la culture à laquelle on veut la conformer. Le graphisme soutient cette opposition entre la rigidité géométrique du château et la fluidité envahissante des bêtes et des végétaux de la forêt. Le récit est donc celui de la découverte par la princesse de la valeur de la transgression. Mais l’expérience est au mieux une petite piqure, le personnage retournant au cercle familial, pour partager un moment sa découverte. Au passage, on aura malicieusement navigué dans un monde d’images cliché et entrevu la possibilité de leur envers.
Fahimtar labari da jigo, bayyana ji da haɓaka tunani mai tsauri.
1Pourquoi la petite fille accepte-t-elle de faire toutes les activités qu’on lui impose ?
Un enfant est supposé faire ce que les adultes lui demandent… Une princesse a des devoirs vis-à-vis de son rang, elle doit se comporter d’une certaine manière, qu’elle doit apprendre...
2Pourquoi a-t-elle peur des créatures de la forêt ?
Ce sont des monstres : des créatures inconnues qui vivent hors des humains. Ils viennent de la forêt, qui est elle-même un lieu dangereux.
3Pourquoi peut-on dire que le monde de la forêt est à l’opposé de celui du château ?
La forêt est organique, sauvage, désordonnée, libre, tandis que le château est minéral, cloisonné, réglé, contraint...
4Quels sont tous les éléments qui montrent qu’on est dans une « histoire de princesse » ?
Le château, les costumes médiévaux, les tableaux, les serviteurs, les activités conventionnelles (maintien, broderie, musique, littérature)...
5Qu’est-ce que le film montre de nouveau à propos des princesses ?
Leur vie était difficile, il y avait plein de règles à apprendre. Elles n’étaient pas forcément heureuses de leur situation contrainte. Elles étaient comme des prisonnières...
6Dans le château, à quoi servent les portraits ? Est-ce qu’ils ont une influence sur la vie de la princesse ?
Ce sont les ancêtres de la princesse. Ils sont l’image de ce qu’elle doit devenir, des modèles qu’elle doit reproduire.
7Pourquoi la princesse s’amuse-t-elle autant avec les créatures de la forêt ?
Elles lui font vivre ce qu’elle ne peut pas faire habituellement. Ils ne sont pas soumis aux règles de la vie du château, ils enfreignent ces règles. Ils la font sortir du château. Ils lui permettent de faire jouer son corps librement.
8Qu’est-ce que la princesse a appris ?
Que la vie ne se résumait pas aux règles de la vie de princesse, que ses parents pouvaient eux aussi avoir envie de s’amuser, que la manière dont on doit se comporter dans la société est comme un vêtement qui cache ce qu’on est vraiment... Références Sur l’histoire des femmes : Histoire des femmes en Occident - tome 2 Le Moyen Age, Georges Duby et Michelle Perrot, Christiane Klapisch-Zuber (dir.) (Plon, 1990). Sur l’histoire des rapports de l’homme avec la forêt : Une histoire de la forêt, de Martine Chalvet (Seuil, 2011).